Le Prix Galien Recherche 2016

Dr Philip F. Halloran, OC, MD, Ph. D., FRCPC, FRSC



Le Dr Philip Halloran est professeur de médecine, de microbiologie médicale et d’immunologie à l’Université de l’Alberta; il est également le directeur de l’Alberta Transplant Applied Genomics Centre. Il a reçu son doctorat en médecine à l’Université de Toronto, où il a également fait sa résidence, et il a obtenu son Ph. D. à l’Université de Londres avant de revenir à l’Université de Toronto en tant que jeune membre du corps enseignant. Il a été recruté par l’Université de l’Alberta pour le poste de directeur du département de néphrologie et il a fait une brillante carrière dans l’étude des transplantations d’organes, faisant paraître un nombre remarquable de publications. Il s’est largement impliqué dans l’industrie pharmaceutique, que ce soit en dirigeant le développement du mofétilmycophénolate (CellCept) en partenariat avec Syntex ou en étant le président fondateur de la Fondation Roche pour la recherche en transplantation d’organes.


Ses contributions se sont concentrées sur six domaines :


1. L’identification de la régulation des gènes dans le rejet des greffes (soutenue par une subvention de Génome Canada en 2004 avec un financement équivalent de l’industrie pharmaceutique) et l’application de cette connaissance à la mise au point du Molecular Microscope Diagnostic System (MMDx), exploité sous licence par Thermo Fisher. À l’aide de micropuces ou puces à ADN, il est possible d’évaluer rapidement les rejets et les lésions dans les biopsies afin d’appliquer des stratégies thérapeutiques appropriées. Le MMDx est maintenant utilisé dans d’autres domaines que la transplantation, pour des problèmes de santé aussi divers que les maladies intestinales inflammatoires et le mélanome.

2. La description des rejets médiés par anticorps (RMA). Le Dr Halloran a été le premier à reconnaître les rejets médiés par anticorps comme un phénotype de la microcirculation, guidant ainsi l’élaboration de critères diagnostiques pour les RMA. Ses travaux ont permis de reconnaître qu’une grande partie des RMA n’étaient pas détectés durant les soins cliniques. Il se consacre actuellement à la description des mécanismes moléculaires qui sous-tendent ce processus.

3. Découvertes sur les lésions et leur progression dans les transplantations et dans la morbidité initiale. À l’aide de modèles animaux, il a montré comment la reconnaissance immunitaire, évoquant une expression accrue des antigènes de transplantation et des médiateurs inflammatoires, peut créer une lésion organique. Ces travaux ont des applications qui vont au-delà de la transplantation d’organes, entre autres dans des domaines tels que les blessures et les maladies chroniques.

4. Impact sur les traitements par immunosuppresseurs. Il a montré que la ciclosporine agit in vivo à des concentrations sous-saturantes pour inhiber la calcineurine ciblée. Ce processus est rapidement réversible, ce qui explique pourquoi les concentrations sanguines de ciclosporine sont essentielles pour la prise en charge thérapeutique. Il a joué un rôle majeur dans les essais cliniques portant sur divers nouveaux agents immunosuppresseurs utilisés pour les transplantations, y compris à la direction du développement et de la présentation de CellCept. Et ses articles de synthèse sur les médicaments immunosuppresseurs restent des références dans ce domaine.

5. Leadership institutionnel et innovation. Grâce son accès direct aux dirigeants de la société Roche, le Dr Halloran a pu favoriser l’établissement et la mise en œuvre de la Fondation Roche pour la recherche en transplantation d’organes, une organisation caritative indépendante suisse administrée par un conseil d’administration qui est une importante source de financement dans le monde pour la recherche sur les transplantations d’organes.

6. Développement de la nouvelle génération de leaders dans les domaines scientifiques et cliniques. Ses collègues chercheurs et cliniciens ainsi que ses anciens étudiants de troisième cycle sont maintenant reconnus comme des leaders partout dans le monde.

Le Dr Halloran mérite le Prix Galien de la recherche 2016 parce que ses travaux ont réuni les mondes de l’université et de l’industrie pharmaceutique, et parce qu’ils ont eu un impact à l’échelle planétaire.


Photo: Dans l'ordre habituel, le Dr Philip Halloran, gagnant du Prix Galien Recherche 2016 et le Dr Richard Fedorak, doyen de la Faculté de médecine et de médecine dentaire de l'Université de l'Alberta.